Je suis dans un endroit où le blanc est roi. Autour de moi s'agitent des ombres que je n'arrive pas à distinguer, des silhouettes me bousculent, m'ignorent avant qu'une ne s'arrête et me fixe. Elle a des yeux noirs nébuleux où je peux y lire une profonde tristesse et un désarroi total. Tout à coup, cette silhouette tombe à genoux, met ses mains dans son visage et pleure toutes les larmes de son corps. Elle est secouée par des brusques sanglots. Elle est totalement dévastée par une nouvelle qu'on lui a annoncée et je sans son coeur éclater en mille morceaux. Ne se souciant pas des autres ombres autour d'elle, elle implose de douleur, montrant à tous son immense désespoir. Malgré la main réconfortante d'une silhouette sur son épaule, elle pleure et ne cesse pas. Bientôt, elle est entourée par un groupe qui essaie de la lever, en vain. Rien ne peut effacer, atténuer sa douleur. Alors ,je m'avance vers elle, vers cette silhouette floue et meurtrie qui sanglote, m'agenouille et l'entoure de mes bras amicaux. Elle lève la tête, me découvre, ses yeux transperçant mon être, me rendant transparente et hurle sa souffrance d'un prénom que je trouve joli ...
Temari ?
J'ouvre un oeil, puis deux et découvre un homme brun qui m'adresse un sourire irrésistible. C'est vrai qu'il en a de beaux, qui me font fondre. Cet homme est un dieu. Certes, c'est un flemmard de première catégorie, un paresseux imbuvable et chiant, et un machiste ignoble, et pourtant je s'en suis tombée éperdument amoureuse. Je l'ai découvert bien d'ailleurs d'ailleurs. Il faut dire que tout ce qui m'intéressait c'était mes frères , mes missions, mon beau jardin à Suna, mes virées shopping et c'est tout. Je me contrefichais des garçons que je trouvais inutiles.
Tout a changé le jour où mon frère, grand Kazekage de ce nom, décide de m'envoyer à Konoha effectuer une mission. J'y restai trois mois durant lesquels ce faignant fut mon second. Contrairement à ce que je croyais, je me suis amusée comme une folle avec lui. Certes, il a beaucoup de défauts, mais tellement de qualités. C'est un homme doux, attentionné, compréhensif, aimable, adorable et j'en passe !Tout cela je l'ai découvert pendant cette mission que je ne voulais pas faire auparavant. Je fus totalement conquise par lui, il avait réussi à atteindre mon coeur qui était pourtant en pierre, et je l'aimai chaque jour un peu plus. Mais la date de mon départ approchant, je repartis chez moi, retrouver mes frères et mon désert, sans rien lui dire mes sentiments. Il a été très lent à m'avouer les sien, et est venu jusqu'à Suna pour déclarer sa flamme. Il a pris exactement un mois. Mieux vaut tard que jamais !J'étais dans le bureau de mon frère, habituellement assise sur mon fauteuil favori en train de lire les rapports de mission des genins, quand Gaara et moi voyions débarquer en trombe, essoufflé, débraillé, un certain ninja de Konoha. Sans se préoccuper de Gaara, il s'avance vers moi, se met à ma hauteur et m'avoue ce qu'il avait sur le coeur. Inutile de vous dire que ce fut un des plus beaux jours de ma vie !Il m'implore de venir vivre avec lui dans son village natal..Plus étonnée que moi, il n'y avait pas. Alors, voyant le chagrin embrumer son regard, je lui adresse un sourire où il parvint à décrypter un oui. Ravi, il se lève d'un bond, me prend dans ses bras et m'embrasse fougueusement sous les yeux rieurs de Gaara.
Depuis, nous vivons une magnifique histoire d'amour. C'est fabuleux de vivre aux côtés d'un homme tel que Shikamaru Nara.
Ca y est, il m'embrasse dans le cou, déposant de toute part des bisous papillons qui me font frissonner. Il essaie désespérément de me faire sortir du lit, en vain. Je ne cèderai pas !Je suis bien dans ce lit moelleux qui me rappelle la chaleur de Suna. Je ne sortirait pas rien au monde de ce lit ! Et il persiste ,'embrasse, sur le visage, joue avec mes boucles, s'empare de mes lèvres. Bon, je cède. Ce mec est insupportable ! Je ne peux même pas faire une grasse matinée ! Dégoûtée, je me lève lentement, à contrecoeur, soutenue par lui. Il me hisse hors du lit, m'aide à enfiler ma robe de chambre et descends, pas à pas, à la vitesse d'un escargot, les escaliers avec moi. Je dandine au salon où je m' affale sur le canapé, allumant la télévision et attendant patiemment que monsieur me serve mon chocolat chaud sans sucre. Je patiente même pas deux minutes qu'il revient , u plateau dans les mains, qu'il pose sur ses genoux, s'asseyant à côté de moi. Je petit-déjeune tranquillement, répondant machinalement à ses questions, absorbée par l'émission de botanique. Quand je termine, il dépose sur la table basse le plateau et me colle contre lui. Ses mains se placent sur ce que j'appelle mon fardeau et se mettent à le caresser .
C'est le rituel du matin et de , finalement, plein d'autres miment de la journée. Je me sens bien, protégée par ses bras puissants et forts. Alors, je pose ma tête dans le creux de son épaule, ferme les yeux et profite de cet instant agréable. Shikamaru se met à parler doucement. Je comprends vite qu'il ne me susurre pas de mots tendres, mais qu'il s'adresse à mon ventre proéminent où se développent deux petits monstres, qui seront, comme je le sais, comme lui, flemmards et autres. Et oui, j'attends des jumeaux et le papa est aux anges depuis huit mois. Je me souviens très bien de sa réaction quand je le lui ai annoncé.
On se tenait enlacés dans notre lit, les fêtes de fin d'année célébrées gaiement avec nos amis, quelques semaines auparavant, et me trouvant étrange, il me demande ce qui m'arrive depuis quelques temps, en m'énonçant tous mes « méfaits » : je suis beaucoup trop sensible, je change d'humeur plus que d'habitude, je ne fait plus aucune mission depuis un mois et demi, je n'ai pas bu une seule goutte d'alcool durant les fêtes et autres. J'étais très surprise et très impressionnée qu'il soit aussi observateur. Je lui fais ce compliment et monsieur rougit. Qu'est-ce qu'il mignon ! Embarrassé, il détourne la conversation et reporte nos attentions sur moi. Il me somme gentiment de lui réponde pour apaiser ses inquiétudes. Prenant mon courage à deux mains ( en fait, je réfléchissais depuis longtemps à la manière dont j'allais le lui dire ,ais n'ayant rien trouvé je m'étais tue en me disant qu'il allait trouver, lui le génie, et je ne me suis pas trompée !), je lui annonce qu'il va être papa. Grand silence durant lequel sont passés douze anges, le temps qu'il faut au neurones de monsieur Nara à transmettre le message. C'est long, dis donc ! Il m'a fait bien peur !Il ne sourcillait pas, ne bougeait pas, c'était effrayant !j'étais vraiment inquiète ! Je l'interpelle, tente de le ramener sur terre, sans succès. Monsieur demeure pétrifié. Impuissante, je boude, commence à l'insulter et ô magie, ô miracle !Il se réanime et m'embrasse langoureusement. Il me fait un éloge, me remercie des millions de fois, me serre autant, se lève, virevolte, avant de disparaître dans la nuit. Il revient une heure plus tard, le sourire aux lèvres, après avoir mis au courant nos amis, ses parents, envoyé un message à mes frères et bu quelques verres avec ses copains.
Depuis ce jour, il n'est plus du tout flemmard. Il se lève tôt, prépare nos repas ( il cuisine très bien d'ailleurs !), exécute les tâches ménagères et m'accorde tout son temps libre. Cet homme est vraiment formidable.
Soudain, il me tire de mes pensées, me rappelant que j'ai une échographie à faire. Je soupire et pousse un « galère », qui le fait éclater de rire et le fait dire que je lui ai pris toutes ses mauvaises manies. Je lui tire la langue et il me répond par un doux baiser. Il me rappelle aussi que je dois aller chez la couturière pour modifier ma robe de mariée. Mon ventre a encore pris quelques centimètres ces mois-ci. Quelle galère !Mais c'est pour la bonne cause. C'est vraiment extraordinaire, ce qui m'arrive !Monsieur le flemmard s'est mis en tête qu'il ne pouvait concevoir l'idée que je porte ses enfants sans porter son nom et m'a donc demandée en mariage.
Oh, c'était si fantastique cet instant ! Nous étions sur une petite embarcation sur le lac qui traverse la forêt privée des Nara, moi allongée sur lui, attendant le feu d'artifices prévu par Konoha, lui, faisait des cercles sur mon ventre. Quand le spectacle pyrotechnique débute, il prend ma main et me demande si j'acceptais de devenir son épouse. Une immense joie afflua dans tout mon être et, émue, je me blottis dans son cou pour y sangloter librement, lui me caressant le dos pour tenter d'apaiser mes soubresauts. J'ai toujours eu horreur de pleurer devant lui, et pourtant, lui, il ne s'en prive pas. Mais bon, là c'est moi et je ne changerais jamais. D'ailleurs, en parlant de changement, mes hormones me causent beaucoup de soucis ces temps-ci. La semaine dernière, j'ai complètement craqué. Folle de le voir rentrer plus tard d'une mission ( je m'étais déjà fait d'horribles films !), je lui ai passé un savon interminable où je lui interdisais fermement de faire des missions jusqu'à ce que j'ai accouché. Il a bien bataillé en disant qu'il ne pouvait s'opposer à Tsunade, je n'ai rien voulu entendre. Je lui ai dit que j'étais certaine qu'il m'abandonnerait à l'autel, me trouvant trop laide, trop grosse, trop difforme et qu'il partirait avec cette Shiho de malheur, cette espèce de charognard qui lui tournait autour depuis des années. Et là, il s'est mis à rire !Il était carrément plié en deux ! Il m'a juste prise dans ses bras ( je ne n'ai rien pu faire à cause de la manipulateur des ombres ! Grrrr ..j'ai toujours détesté cette technique !) et m'a assuré que j'étais très belle enceinte, qu'il ferait moins de missions périlleuses et qu'il ne m'abandonnerait à l'autel. Il me l'a juré et j'ai voulu y croire, mais je n'ai pas pu. J'ai un horrible pressentiment depuis quelques temps. J'ai l'impression que je vais perdre Shikamaru, c'est étrange et cela me fait très peur. J'essaie de ne rien faire paraître à ses yeux, je ne désire pas ternir son bonheur, il semble si heureux. Heureusement qu'il est préoccupé par l'aménagement de la chambre des jumeaux, des préparatifs du mariage, de ses rapports de missions et qu'il ne remarque pas mon angoisse. Il ne sait plus où donner la tête, le pauvre, avec toutes ses préoccupations. Tous les soirs, il rentre exténué, mais il a droit à un gros câlin de ma part, qui fait envoler toute fatigue.
Tout en étant en train de me chausser, il me dit que mes frères arriveront dans très peu de temps et qu'ils logeront chez ses parents. Il me dit aussi qu'il ne pourra pas m'accompagner chez la couturière, qu'il en est désolé et qu'il se rattrapera. Je lui assure que je ne lui en veux pas, en lui administrant un bisou sur le nez. Heureux, il ne peut s'empêcher d'embrasser mon ventre et de parler avec ses fils. Qu'est-ce qu'il est touchant ainsi. Et dire qu'il va être pire quand ils seront nés. Je caresse ses beaux cheveux noirs, avant qu'il ne m'embrasse une nouvelle fois. Puis, il ouvre la porte et déclare qu'on devrait se dépêcher si on ne voulait pas être en retard. Maugréant un « galère », je le suis.
Nos bouts de chou vont bien et Shikamaru ne cesse de regarder l'échographie représentant nos enfants. Il n'arrive pas encore à croire qu'il va être papa dans moins d'un mois et s'extasie sur mon ventre protubérant dans toute la rue. Fixés par les passants, j'ai un peu honte et je somme Shikamaru d'arrêter ses sottises. Il m'embrasse pour me clouer le bec, me dit un « je t'aime » et s'en va gaiement rejoindre son père, emportant la photo. Je grogne avant de reprendre mon chemin. Quel nul ce mec ! Et moi qui souhaitait voir toute seule mon échographie. Je sais ce qu'il allait en faire : il allait la montrer à tout le monde, se vanter et clamer son bonheur sur tous les toits.
Je soupire en pensant à cela et continue mon chemin. J'arrive à mon rythme ( c'est-à-dire lentement) chez la couturière. J'entre dans son magasin et la découvre, ligotée, dans la pénombre, essayant de me faire comprendre, malgré le ruban adhésif sur sa bouche, de sortir. Je réagis rapidement mais mon état de femme enceinte limite ma vitesse et un homme d'importante carrure se poste entre la sortie et moi. Je me retourne et constata que deux autres hommes m'encerclent. Si seulement j'avais mon éventail, je les aurais découpé en morceaux. Mais on me l'avait confisqué, enfin je dis « on », vous savez de qui je parle !Je lui ai fait une crise pour qu'il ne me prenne pas mon arme, mais j'ai cédé sous le poids de son argument : que ferait une femme enceinte avec une arme ?Comme si j'étais en état de me battre !Eh, bien, Shikamaru, pour une fois, tu t'es trompé !Tu aurais dû me le laisser, mon éventail. Il l'aurait bien servi à l'heure qu'il est !Bon, n'accusons pas mon cher et tendre, le moment n'est pas très approprié. Que faire ?J'étais vraiment dans le pétrin. Ces mecs-là dégageaient des ondes meurtrières et on pouvait lire leurs intentions criminelles dans leurs yeux. Réfléchis, Temari, il y a bien une solution !Tu parles !Je suis dans la merde. Espérons que grâce au Ciel, quelque ninja passe par là et me vienne en aide ! Ils avaient beau mettre à découvert leurs armes étincelantes, aucune peur ne s'emparant de moi. Peut-être une habitude de kunoichi, qui sait. Quoiqu'il en soit, je sentis le colosse dans mon dos et une lame froide me chatouiller la peau. Tout se passa très vite, et je n'entendis que le hurlement étouffé de la couturière.
Je ne me souviens plus de ce qui se déroula après. Tout ce que je sais, c'est que, quelques minutes plus tard, je passai près du colosse et ouvrit la porte d'entrée. Je jeta un regard vers la couturière, allongée au sol, une nappe de sang la noyant. Pauvre femme, je l'appréciais beaucoup.
D'ordinaire, je ferme toujours les yeux en passant la sortie, car il y a un courant d'air qui passe, mais cette fois-ci, je ne ressentis pas la moindre baisse de température et poursuivis mon chemin.
Me sentant faible, je m'assis sur un banc où je m'endormis paisiblement.
D'assourdissants bruits me réveillent et, de mauvaise humeur, j'injurie les gens à mes côtés. Ils sont tellement stressés qu'ils ne n'entendent même pas. Pauvres tâches ! Bizarrement, je ne me trouve pas sur le banc où je me suis endormie. Je suis dans un endroit où le blanc est roi. Autour de moi s'agitent des ombres que je n'arrive pas à distinguer, des silhouettes me bousculent, m'ignorent avant qu'une ne s'arrête et me fixe. Elle a des yeux noirs nébuleux où je peux y lire une profonde tristesse et un désarroi total. Tout à coup, cette silhouette tombe à genoux, met ses mains dans son visage et pleure toutes les larmes de son corps. Elle est secouée par des brusques sanglots. Elle est totalement dévastée par une nouvelle qu'on lui a annoncée et je sans son coeur éclater en mille morceaux. Ne se souciant pas des autres ombres autour d'elle, elle implose de douleur, montrant à tous son immense désespoir. Malgré la main réconfortante d'une silhouette sur son épaule, elle pleure et ne cesse pas. Bientôt, elle est entourée par un groupe qui essaie de la lever, en vain. Rien ne peut effacer, atténuer sa douleur. Alors ,je m'avance vers elle, vers cette silhouette floue et meurtrie qui sanglote, m'agenouille et l'entoure de mes bras amicaux. Elle lève la tête, me découvre, ses yeux transperçant mon être, me rendant transparente et hurle sa souffrance d'un prénom que je trouve joli ...Oh ? Cette personne me connaît ?! Elle sait aussi que je la console du mieux que je peux. J'appuie ma tête sur son épaule, lui susurre des mots gentils, rien n'arrête ses larmes. Soudain, dans un ultime effort, elle se relève, se dresse de toute sa hauteur, fait un pas vers moi, puis deux et .. NON !!! Ne bouge pas !Tu vas m'écraser !!! Saloperie, tu vas m'écouter, oui ! STOPPES-TOI !!!
Mais elle continue ???Elle est complètement folle ?!! Elle ..
Je ferme les yeux et une vague de froid me frigorifie. J'ouvre mes paupières et ... QUOI ????!!! Elle n'est plus devant moi ??Où est-elle passée ?? Affolée, je me détourne et ..oh.. un éclair me foudroie. Je me sens me briser en plusieurs morceaux de cristal, m'évaporer en infinies gouttes d'eau, devenir poussières. Mon coeur se fissure, une grande plaie s'ouvre et me noie dans un torrent de désespoir et d'horreur. En cette grande ombre, je reconnais Shikamaru de dos. Je sais que c'est lui. Il est habillé exactement comme ce matin. Que fait-il ici ? Pourquoi pleure-t-il ?
Doucement, je me lève et le rejoins en quelque pas, et là, je manque d'avoir une syncope. Un corps, semblable au mien, repose sur un lit d'hôpital, exsangue, sans vie, tel un cadavre. Les couleurs de vie humaine ont déserté ses délicates joues, et même ses lèvres vermeilles ont perdu leur éclat. Ses soyeux cheveux blonds couleur miel ont gardé en eux seuls, la luminosité du soleil. Que cette femme devait être belle ! Mais qui était-elle, avec ses allures princières, même morte ? Qui était-elle pour que Shikamaru pleure ainsi sa perte ? Soudain, Shikamaru murmure quelque chose d'inaudible, tout en caressant les cheveux, le visage de cette morte. Les yeux embués de larmes, il dépose un doux baiser sur ses lèvres. Oh, le salaud, c'est sa maîtresse !Et moi qui lui donn des jumeaux !Quel traître ! Les hommes sont tous les mêmes, je les hais ! Tiens, en parlant de jumeaux, je me trouve bien légère. Je baisse les yeux et ...oh, mon Dieu ?!!! On m'a enlevé mes bébés ?! Quelle est 'enflure qui a osé me faire cela ?
Folle de rage, je hurle de colère, et bien entendu, personne ne semble m'entendre !! Bande d'abrutis !
Tout à coup, la porte s'ouvre et laisse entrer les parents de Shikamaru qui porte chacun dans leurs bras, un petit paquet. Curieuse, je m'en approche et découvre avec stupeur deux petites têtes blondes. Ces bébés ressemblent à des anges ! Ils sont adorables ainsi, dormant tranquillement dans les bras protecteurs du couple Nara. Ils sont blonds comme ..moi ...et la ..morte.
La défunte me ressemble tellement quand j'y pense .. Se pourrait-il que ? Non ..je suis en vie. Je parle, je pense ..et on m'ignore. Une vague d'effroi m'envahit et je vois Shikamaru sangloter sur le visage de la morte. Il chuchote encore quelque chose que je perçois pas, avant que ses parents ne lui parlent. Ils lui disent que Tsunade n'a pu sauver que les enfants et tout était fini pour ...Ils butent sur le nom de la disparue et j'angoisse terriblement. Je suis totalement perdue. Shikamaru demande ce qu'il s'est passé et Naruto lui répond que trois hommes, des ninjas déserteurs, ont assassiné la couturière et .. elle. Bon sang, Naruto, ne fais pas l'idiot et dis-nous qui est cette fille !!!cris-je.
Évidemment, personne ne répond à mon appel. Super. Rappelle-moi de te tuer, Naruto ! Shikamaru s'effondre de plus belle et alors, mon coeur éclate et me fait atrocement mal. La cause ? Le nom que Shikamaru a soufflé moins faiblement : Temari ....
Tout autour de moi s'écroule, je tombe à genoux, tout devient noir et je hurle. Non, je ne suis pas morte ! Je ne suis pas morte ! Ce n'est pas moi cette femme inerte sur ce lit, pleurée par son époux ! Ce n'est pas moi ! Je suis en vie ! Shikamaru ne pleure pas, je suis là, pleurnichard !
Alors d'un geste lent, je le vois tirer de sa poche une petite boîte de velours noir, en extraire une bague scintillante et extrêmement luxueuse, la mettre à mon annuaire gauche et murmurer, avant d'éclater en sanglots : « Je t'aime, mon ange »
Je suis tranquillement installée sur ma tombe, où Shikamaru est debout depuis des heures. Malgré les années, il n'a pas pris une ride. Seules des cernes horribles maculent son beau visage. J'aime quand il vient me voir. Il me raconte une foule de choses sur nos amis, leurs mésaventures ...bref le train-train de Konoha. Avec son air blasé, je suis à chaque fois, morte de rire, d'autant plus, qu'il ne sait pas que je sais tout ce qui se passe. J'adore nos conversations. Elles mettent un peu de gaieté dans mon existence narcotique et triste. J'ai décidé de rester sur terre, en mode fantôme pour le voir lui et nos monstres. Je ne veux pas, je ne peux pas les abandonner. En demeurant près d'eux, je vis la vie que j'aurais dû vivre. Je n'ai toujours pas accepté l'idée d'être partie de ce monde, alors que j'avais tant de choses à vivre, à découvrir, à partager.
Je vois Shikamaru fixer ma pierre tombale. Je l'aime bien. Elle est exactement comme je l'aurais souhaité, et c'est grâce à lui. Il me connaissait si bien !
Il a fait graver dessus : A ma Temari, ma fille galère que j'aimerai éternellement.
J'adore cette phrase. J'aime la lire quand je suis seule. Elle me console un peu. J'aime aussi voir l'alliance qui porte à son main gauche. Pas une seule fois, depuis que je suis partie, il ne l'a enlevée. Il m'a dit que même si je l'avais abandonné à l'autel, il refusait de croire que c'était parce que je ne l'aimais pas. Il devient un peu fou, je vous le conçois.
Des cris provenant de deux garçons blonds viennent perturber notre quiétude. Shikamaru et moi, nous nous tournons vers les deux têtes d'ananas blondes qui courent vers nous. Ils sont habillés exactement comme leur père lorsqu'il était plus jeune. Ils sont superbes, mes fils et je ne me vante pas ! Ces diablotins sont mes portraits, d'après Shikamaru. Ils sont, toujours selon lui, aussi galère que moi ! Les deux genins s'approchent de ma tombe, déposent chacun une bise dessus, me disent bonjour, avant de reprendre un sourire qui était le mien.
Papa, dit un de mes fils, on a encore réussi notre mission !
Ouais, même que Neji-senseï nous a félicité !renchérit l'autre
Shikamaru esquisse un sourire, fier de ses enfants. Moi aussi, je suis fière d'eux. Je regarde leur progression avec fierté. Ils seront de grand ninjas plus tard. Me sentant enveloppée d'une onde infinie d'amour, je ferme les yeux et disparais.
Shikamaru rouvrit ses paupières avant d'allumer une cigarette et de dire d'une voix nonchalante :
- Allez, les gars, ce soir, on squatte chez tonton Chôji !
- Même qui aura Parrain Gaara !
- On dit « même qu'il y aura », Shikasuma !
- Je m'en fiche, Shikaru !Depuis quand tu fais l'intello ?
- Je suis intelligent de nature !
- Moi aussi ,je te signale !
- Ca ne se voit pas !
- Shikaru, je vais te tuer !
- J'aimerai voir ça, Shikasuma !
- Attendez, les gars ....pfff ..galère ces mômes ...soupire Shikamaru, en voyant ses fils se poursuivre dans tout le cimetière.
L'homme se tourna une dernière fois vers la dernière demeure de sa femme et écrasa sa cigarette.
- Je sais que tu détestais que je fume, fille galère !